Origine du Camp La Jaille

Le Régiment du Service Militaire Adapté de la Guadeloupe est issu du 2e Groupement du SMA, crée en Guadeloupe le 5 décembre 1961 dans le cadre du Régiment Mixte Antilles Guyane.

Installé à la « Rosette » près du Moule dans des bâtiments prêtés par l’Education nationale, le Groupement reçoit ses premiers matériels et lance le chantier de ce qui sera sa première réalisation : la construction de 10 logements F4 à Cocoyer (au Moule).

Simultanément, il entreprend à 4 kilomètres à l’Ouest de Pointe à Pitre les défrichements qui allaient permettre l’implantation progressive du camp de la Jaille devenu le lieu de sa portion centrale dès le mois de janvier 1963 et où l’ensemble des installations est maintenant regroupé.

Cette appellation de Camp de la Jaille a un fondement historique qui associe le métier des armes à la Guadeloupe et mérite qu’on s’y attarde.

Armes de la famille de la Jaille

La famille de la Jaille est une vieille famille française originaire de l’Anjou et qui a fait briller ses armes sur les champs de bataille qui ont marqué l’histoire de France, à commencer par Bouvines puis Azincourt dans l’entourage de Jeanne d’Arc.

C’est dans les dernières années du 18° siècle qu’on voit le nom de La Jaille apparaître aux Antilles. En effet un membre de cette famille s’est établi à Baie Mahault où il possédait l’habitation de Petite Terre. Son petit fils, Charles de la Jaille, épousa une demoiselle d’Estrelan (origine du nom de la zone commerciale Destreland) et fonda une famille de douze enfants dont cinq garçons qui se distinguèrent dans l’armée.

Les trois plus illustres sont les généraux François et Charles de la Jaille, lesquels ont participé à la majorité des conflits qui ont agité le 19°siècle et le vice-amiral Edouard de la Jaille.
- Edouard, outre sa brillante carrière de marin, devint sénateur de la Loire Inférieure.

- François se distingua particulièrement pendant les guerres de Crimée en 1854, d’Algérie (1864), du Maroc (1870) et de 1870.

- Charles quant à lui, artilleur polytechnicien, se couvrit de gloire au Mexique et en Italie : campagne de Crimée, campagne d’Italie, guerre du Mexique, guerre de 1870, répression de la Commune…Pendant les vingt dernières années de sa vie, ce général de division, grand officier de la légion d’honneur a été successivement élu sénateur de la Guadeloupe en 1876 et président du comité consultatif de l’artillerie, pour ne citer que ses responsabilités principales. Il contribua notamment au perfectionnement du matériel d’artillerie en faisant adopter de nouveaux types de frein, des lunettes de batterie à micromètre, les obus à mitrailles, les hausses à crémaillères…

On ne peut voir dans la forte densité de bigors présents au RSMA de la Guadeloupe que l’écho de cette lourde hérédité historique.

C’est donc un nom assurément très illustre que porte le Camp où est implanté le RSMA de la Guadeloupe sur la commune de Baie Mahault.

chantier de Capesterre